{"id":8220,"date":"2023-11-29T09:32:49","date_gmt":"2023-11-29T14:32:49","guid":{"rendered":"https:\/\/crrf-fcrr.ca\/?page_id=8220"},"modified":"2023-11-29T09:39:57","modified_gmt":"2023-11-29T14:39:57","slug":"the-healthcare-divide-3e-episode","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/crrf-fcrr.ca\/fr\/the-healthcare-divide-3e-episode\/","title":{"rendered":"The Healthcare Divide &#8211; 3e \u00e9pisode"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:66.66%\"><h1 class=\"wp-block-post-title\">The Healthcare Divide &#8211; 3e \u00e9pisode<\/h1>\n\n\n<p>The Inuit Battle Against TB<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-button\"><a class=\"wp-block-button__link wp-element-button\" href=\"http:\/\/pod.link\/1715546912\">\u00c9couter sur une autre plateforme<\/a><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<iframe loading=\"lazy\" height=\"200px\" width=\"100%\" frameborder=\"no\" scrolling=\"no\" seamless src=\"https:\/\/player.simplecast.com\/7c828cb6-282b-46ea-8a4e-79ebb264cc06?dark=false\"><\/iframe>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns pattern-two-column is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__title is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Description<\/h2>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__content is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Au milieu du XXe si\u00e8cle, les Inuits atteints de tuberculose \u00e9taient arrach\u00e9s \u00e0 leur communaut\u00e9 et envoy\u00e9s dans des sanatoriums du sud du Canada. Beaucoup d&rsquo;entre eux ne sont jamais revenus et leurs familles n&rsquo;ont jamais su ce qui leur \u00e9tait arriv\u00e9. Nous \u00e9tudions cette crise et la mani\u00e8re dont cette histoire a continu\u00e9 \u00e0 affecter ces communaut\u00e9s, et pourquoi, aujourd&rsquo;hui encore, les taux de tuberculose y sont 300 fois plus \u00e9lev\u00e9s que dans le reste du Canada.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns pattern-two-column is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__title is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Invit\u00e9s<\/h2>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__content is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>Louassee Kuniliusee, survivante de la tuberculose<\/p>\n\n\n\n<p>Natan Obed, pr\u00e9sident d&rsquo;Inuit Tapiriit Kanatami\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Beatrice Ikkidlua, fille d&rsquo;une survivante de la tuberculose<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns pattern-two-column is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__title is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Transcription<\/h2>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column pattern-two-column__content is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><strong>The Healthcare Divide<\/strong>, traduction de la transcription du balado<\/p>\n\n\n\n<p><strong>3e \u00e9pisode &#8211; <em>The Inuit battle against TB<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee <\/strong>[parlant inuktitut]&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Lorsqu&rsquo;ils se dirigeaient vers l&rsquo;h\u00f4tel, il a vu un lac et l&rsquo;a reconnu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee <\/strong>[parlant inuktitut]&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Et il y a une rivi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Louasee Kuniliusee est \u00e0 Hamilton, en Ontario, pour la premi\u00e8re fois depuis pr\u00e8s de 70 ans. Il s&rsquo;exprime en inuktitut, avec un interpr\u00e8te qui traduit en anglais.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Quand j&rsquo;ai vu et reconnu le lac, j&rsquo;ai pleur\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Il \u00e9tait l&rsquo;un des 1200 patients inuits atteints de tuberculose qui ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s au Mountain Sanatorium \u00e0 Hamilton dans les ann\u00e9es 1950 et 1960. Il n&rsquo;avait que huit ou neuf ans.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque, je n&rsquo;\u00e9tais qu&rsquo;un enfant, et je m&rsquo;en souviens. Quand je l&rsquo;ai vu, j&rsquo;ai commenc\u00e9 \u00e0 pleurer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Au milieu du XXe si\u00e8cle, le transfert forc\u00e9 des tuberculeux dans des sanatoriums \u00e9tait la norme. Une fa\u00e7on d&#8217;emp\u00eacher la maladie contagieuse de se propager. Ces efforts pour lutter contre la maladie ont eu des effets d\u00e9vastateurs sur les Inuits, qui se font encore sentir aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Des jeunes meurent de la tuberculose dans nos communaut\u00e9s. Il y a eu des d\u00e9c\u00e8s tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Le syst\u00e8me de sant\u00e9 canadien devrait offrir un acc\u00e8s \u00e9gal \u00e0 tous. Mais en r\u00e9alit\u00e9, il s&rsquo;agit d&rsquo;un syst\u00e8me de nantis et de d\u00e9munis. Je m&rsquo;adresse aux personnes qui ont v\u00e9cu les in\u00e9galit\u00e9s de premi\u00e8re main et \u00e0 celles qui s&rsquo;efforcent de faire changer les choses.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Il est encore temps pour le gouvernement d&rsquo;agir et de faire plus. Quand est-ce qu&rsquo;une crise pour les Inuits est une crise pour le Canada ?<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore] <strong>Justin Trudeau<\/strong> Le taux d&rsquo;incidents chez les Inuits de l&rsquo;Inuit Nunangat est plus de 300 fois sup\u00e9rieur \u00e0 celui de la population non autochtone du Canada. C&rsquo;est inacceptable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Les Inuits m\u00e8nent une bataille contre la tuberculose, une maladie infectieuse \u00e0 laquelle on pense rarement dans le sud du Canada. Dans cet \u00e9pisode, nous tenterons de comprendre pourquoi les taux sont encore si \u00e9lev\u00e9s au sein de la population inuite du Nord du Canada. Nous abordons aujourd&rsquo;hui des sujets difficiles, notamment les abus physiques et \u00e9motionnels subis dans le syst\u00e8me m\u00e9dical. Certains auditeurs peuvent trouver cela choquant, alors soyez prudents en \u00e9coutant.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis le Dr Alika Lafontaine, anesth\u00e9siste et premier m\u00e9decin autochtone \u00e0 avoir dirig\u00e9 l&rsquo;Association m\u00e9dicale canadienne. De la Fondation canadienne des relations raciales&#8230; voici <em>The Healthcare Divide.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Le Canada est en train de r\u00e9explorer son histoire. Vous savez, la colonisation, en particulier en ce qui concerne les Inuits, a provoqu\u00e9 d&rsquo;\u00e9normes bouleversements et un changement de mode de vie. Pouvez-vous nous faire part de vos r\u00e9flexions sur ces bouleversements et sur leur lien avec la situation actuelle de vos communaut\u00e9s en ce qui concerne la tuberculose ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed <\/strong>L&rsquo;interaction coloniale entre les Inuits et les non-Inuits remonte parfois aux ann\u00e9es 1600, bien que dans la majeure partie de l&rsquo;Arctique canadien et de l&rsquo;Inuit Nunangat, ce n&rsquo;est que dans les ann\u00e9es 1940 et 1950 que le gouvernement du Canada a commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;installation des Inuits dans des colonies, dans des communaut\u00e9s de style m\u00e9ridional, et \u00e0 leur fournir des services administratifs, des logements et des services dans le cadre de ce que beaucoup d&rsquo;autres consid\u00e9reraient comme une construction communautaire canadienne.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Natan Obed est pr\u00e9sident de l&rsquo;Inuit Tapiriit Kanatami, \u00e9galement connu sous le nom d&rsquo;ITK, qui est le groupe national repr\u00e9sentant 70 000 Inuits au Canada qui vivent principalement dans ce qui est collectivement connu sous le nom d&rsquo;Inuit Nunangat. Ce territoire inuit s&rsquo;\u00e9tend sur quatre r\u00e9gions : les Territoires du Nord-Ouest, le Nunavut, le nord du Qu\u00e9bec et le nord du Labrador.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> C&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de tuberculose a vraiment pris de l&rsquo;ampleur, car les logements des communaut\u00e9s \u00e9taient souvent bien inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux auxquels les Inuits \u00e9taient traditionnellement habitu\u00e9s, et les Inuits n&rsquo;en savaient absolument rien, pour la plupart d&rsquo;entre eux. Les maisons \u00e9taient donc construites avec du contreplaqu\u00e9, du papier journal et tout ce que les Inuits pouvaient r\u00e9cup\u00e9rer dans les d\u00e9charges et ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Le d\u00e9m\u00e9nagement forc\u00e9 signifiait que les Inuits devaient lutter pour survivre dans un territoire inconnu avec peu de soutien et peu de ressources. Beaucoup ont eu du mal \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 ce bouleversement et \u00e0 cette perte consid\u00e9rable. Pour certains, cela a \u00e9t\u00e9 fatal.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Ma grand-m\u00e8re est morte d&rsquo;une intoxication alimentaire quelques mois seulement apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e de sa communaut\u00e9 vers une communaut\u00e9 du sud du Labrador. Et c&rsquo;est en grande partie parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas compris comment pr\u00e9parer un plat traditionnel dans un baril de p\u00e9trole et dans des r\u00e9cipients du sud qui n&rsquo;\u00e9taient pas du tout destin\u00e9s \u00e0 \u00eatre utilis\u00e9s pour la consommation alimentaire. C&rsquo;est le genre de choses qui sont arriv\u00e9es aux Inuits \u00e0 travers le pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> La relocalisation forc\u00e9e et les conditions de logement inad\u00e9quates sont devenues le terreau de la tuberculose.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Dans les ann\u00e9es 1950, environ un Inuit sur trois \u00e9tait atteint de tuberculose active ou latente dans ce pays.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Les personnes atteintes de tuberculose \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9es comme un danger pour la soci\u00e9t\u00e9 et devaient \u00eatre rapidement isol\u00e9es. L&rsquo;Inuit Nunangat ne disposait pas d&rsquo;une infrastructure sanitaire ad\u00e9quate pour faire face \u00e0 cette situation. Certains m\u00e9decins de l&rsquo;\u00e9poque ont plaid\u00e9 en faveur de l&rsquo;\u00e9largissement et du renforcement de l&rsquo;infrastructure m\u00e9dicale au sein de l&rsquo;Inuit Nunangat, mais ils ont \u00e9t\u00e9 ignor\u00e9s. Au lieu de cela, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a opt\u00e9 pour une \u00e9vacuation massive vers le sud. Les archives montrent que le gouvernement \u00e9tait conscient que la politique d&rsquo;\u00e9vacuation \u00e9tait tr\u00e8s perturbante pour les Inuits et que de nombreuses personnes souhaitaient que des centres de traitement soient \u00e9tablis dans le Nord.<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore] <strong>Annonceur radio<\/strong> Lorsque nous pensons aux Esquimaux, nous les imaginons g\u00e9n\u00e9ralement sur un fond de glace et de neige balay\u00e9 par le vent. On ne s&rsquo;attend pas \u00e0 trouver ces premiers Canadiens dans la r\u00e9gion m\u00e9tropolitaine de Hamilton. Pourtant, ils sont ici, au Mountain Sanatorium, en train de suivre un traitement contre la tuberculose.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Il s&rsquo;agit d&rsquo;un reportage de Radio-Canada datant de 1959. Le terme esquimau n&rsquo;est plus utilis\u00e9 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Entre les ann\u00e9es 1940 et 1960, environ la moiti\u00e9 de la population inuite s&rsquo;est rendue dans le sud pour se faire soigner de la tuberculose dans des sanatoriums. \u00c0 cette \u00e9poque, il n&rsquo;y avait pas non plus de m\u00e9decins dans l&rsquo;Inuit Nunangat. Nos communaut\u00e9s avaient \u00e0 peine des centres de sant\u00e9 avec des infirmi\u00e8res. Ainsi, en \u00e9t\u00e9, les navires venaient chercher les Inuits dont le test de d\u00e9pistage de la tuberculose \u00e9tait positif et les for\u00e7aient \u00e0 se rendre dans le sud, souvent sans leur expliquer pourquoi. Parfois, ces personnes sont rest\u00e9es \u00e9loign\u00e9es de leur communaut\u00e9 pendant des ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Et donc vous avez maintenant des familles, comme vous en parliez, qui voient ces bateaux arriver et les \u00e9valuer pour une \u00e9pid\u00e9mie qui se propage dans le Nord. Pouvez-vous nous parler un peu de cette exp\u00e9rience ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Oui. Pendant un certain temps, le navire s&rsquo;appelait le CD Howe. C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;un des principaux navires utilis\u00e9s \u00e0 cette fin. Il jetait l&rsquo;ancre dans un port et des fonctionnaires venaient dans un camp. Souvent, il ne s&rsquo;agissait m\u00eame pas d&rsquo;une communaut\u00e9, mais d&rsquo;un endroit o\u00f9 les responsables de la sant\u00e9 savaient que des Inuits \u00e9taient install\u00e9s. Et si un membre de la famille \u00e9tait positif, on lui disait simplement qu&rsquo;il devait faire ses valises et venir. Il pouvait s&rsquo;agir d&rsquo;un a\u00een\u00e9 de la communaut\u00e9. Il pouvait s&rsquo;agir d&rsquo;un enfant, d&rsquo;une m\u00e8re et de son fils ou d&rsquo;une m\u00e8re et de sa fille. Quelle que soit la personne, elle devait presque imm\u00e9diatement embarquer sur le bateau. Ils ne savaient pas vraiment o\u00f9 ils allaient. On ne savait pas quand ils allaient revenir. De plus, beaucoup ne comprenaient pas vraiment pourquoi ils \u00e9taient emmen\u00e9s. On pensait g\u00e9n\u00e9ralement que quelque chose n&rsquo;allait pas chez eux. Mais imaginez ce sc\u00e9nario d&rsquo;impuissance o\u00f9 votre famille peut \u00eatre d\u00e9chir\u00e9e en un instant sans que vous sachiez pourquoi, et sans que vous sachiez non plus la dur\u00e9e de ce d\u00e9part.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Dans les ann\u00e9es 1950, environ un Inuit sur sept a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 loin de chez lui, certains sans jamais avoir eu la chance de dire au revoir \u00e0 leur famille. Robert Williamson, un anthropologue qui a voyag\u00e9 sur le CD Howe en 1953, a d\u00e9crit le navire comme \u00e9tant \u00ab\u00a0plong\u00e9 dans la mis\u00e8re\u00a0\u00bb. Il a \u00e9crit que les Inuits \u00e9taient \u00ab\u00a0entass\u00e9s dans la cale du navire. Nourris et log\u00e9s en masse. Dans la mer agit\u00e9e, ils \u00e9taient malades, terrifi\u00e9s, d\u00e9moralis\u00e9s. Ils \u00e9taient effray\u00e9s par ce qui leur arrivait. De ce qui risquait de leur arriver\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s un long et difficile voyage, ils arrivent \u00e0 destination : des sanatoriums dans des villes comme Hamilton et Edmonton. Des villes situ\u00e9es \u00e0 des milliers de kilom\u00e8tres de chez eux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> \u00c0 cette \u00e9poque, il y avait aussi le prochain cycle de s\u00e9paration : les m\u00e8res et les enfants pouvaient \u00eatre s\u00e9par\u00e9s, les partenaires ne recevaient pas n\u00e9cessairement des soins dans le m\u00eame \u00e9tablissement ou n&rsquo;\u00e9taient pas en mesure de vivre ensemble dans un \u00e9tablissement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Beatrice Ikkidluak<\/strong> Elle me racontait ici et l\u00e0 certaines exp\u00e9riences, mais pas toutes. Et elle m&rsquo;a dit qu&rsquo;elle avait fait une d\u00e9pression \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Alors qu&rsquo;elle n&rsquo;avait que deux ans, la m\u00e8re de Beatrice Ikkidluak a \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9e au Mountain Sanatorium \u00e0 Hamilton.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Beatrice Ikkidluak<\/strong> Elle ne nous l&rsquo;a pas vraiment dit. Elle ne nous a pas vraiment parl\u00e9 de son exp\u00e9rience lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait absente. Mais ici et l\u00e0, lorsqu&rsquo;elle \u00e9tait seule avec moi, elle me racontait de petits bouts de ce qui s&rsquo;\u00e9tait pass\u00e9. Une exp\u00e9rience qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas vraiment aim\u00e9e, c&rsquo;est qu&rsquo;on lui a montr\u00e9 une chose qui \u00e9tait en train de cuire \u00e0 la vapeur. Il y avait une sorte de sac et de la vapeur en haut. On lui avait dit que si elle ne se comportait pas bien, on pourrait la mettre l\u00e0-dedans, dans le sac o\u00f9 il y avait de la vapeur. Et elle s&rsquo;est dit, oh, ils vont me br\u00fbler.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Des exp\u00e9riences comme celle-ci \u00e9taient courantes. Des lettres \u00e9crites par des patients donnent une id\u00e9e de ce que c&rsquo;\u00e9tait. Certains ont \u00e9t\u00e9 maltrait\u00e9s par les travailleurs. Certains ont \u00e9t\u00e9 priv\u00e9s de nourriture. D&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 mis dans des camisoles de force. Puisque les m\u00e9decins pensaient que le repos au lit \u00e9tait le meilleur rem\u00e8de, les patients inuits \u00e9taient forc\u00e9s de rester \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur. M\u00eame les enfants et les jeunes adultes valides \u00e9taient confin\u00e9s \u00e0 leur lit, parfois pendant des mois. Beaucoup d&rsquo;entre eux sont devenus d\u00e9prim\u00e9s et ont souffert de troubles mentaux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Beatrice Ikkidluak <\/strong>Je n&rsquo;ai pas vraiment de relation m\u00e8re-fille avec elle depuis qu&rsquo;elle a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9e. Je n&rsquo;ai donc pas connu la v\u00e9ritable proximit\u00e9 d&rsquo;une m\u00e8re. Elle a eu sa vie. Sa d\u00e9pression a eu un impact consid\u00e9rable sur elle. C&rsquo;\u00e9tait dur pour nous, les enfants, tr\u00e8s dur pour nous. Parce qu&rsquo;elle avait \u00e9t\u00e9 absente pendant si longtemps. Ses beaux-parents \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s pendant qu&rsquo;elle \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Et tous les autres membres de sa famille qu&rsquo;elle connaissait \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9s pendant son absence. C&rsquo;\u00e9tait trop pour elle. Elle ne savait plus vraiment comment \u00eatre m\u00e8re. Et elle devait prendre des m\u00e9dicaments pour cela. C&rsquo;\u00e9tait donc tr\u00e8s dur pour nous, surtout pour moi, parce que les autres \u00e9taient partis se marier et que j&rsquo;\u00e9tais toujours \u00e0 la maison. J&rsquo;\u00e9tais la seule \u00e0 la maison, et c&rsquo;est donc moi qui ai eu le plus d&rsquo;impact sur sa vie. La vie mentale a chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Apr\u00e8s 2 ou 3 ans, de nombreux patients ont \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9s dans l&rsquo;Inuit Nunangat. Mais certains ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9s au mauvais endroit, \u00e0 des centaines de kilom\u00e8tres de leur domicile. Parmi ceux qui sont rentr\u00e9s chez eux, beaucoup ont eu des difficult\u00e9s \u00e0 se r\u00e9adapter \u00e0 leur ancien mode de vie. Certains enfants avaient oubli\u00e9 leur langue et ne pouvaient plus parler \u00e0 leurs parents. D&rsquo;autres jeunes n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 rendus \u00e0 leurs parents, mais ont \u00e9t\u00e9 plac\u00e9s dans des familles d&rsquo;accueil \u00e0 l&rsquo;insu de leur famille, avant d&rsquo;\u00eatre adopt\u00e9s par des familles blanches dans le Sud.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Nous avons donc eu des cas o\u00f9 des m\u00e8res recherchaient encore leurs enfants qui \u00e9taient all\u00e9s se faire soigner dans le Sud alors qu&rsquo;ils \u00e9taient tr\u00e8s jeunes et qu&rsquo;ils \u00e9taient peut-\u00eatre encore en vie et qu&rsquo;ils avaient peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9s. Dans certains cas, il s&rsquo;agit d&rsquo;une angoisse interg\u00e9n\u00e9rationnelle \u00e0 propos de ces \u00e9v\u00e9nements et de ces moments o\u00f9 l&rsquo;on se demande toujours ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 une certaine personne ou \u00e0 un certain enfant pendant que le gouvernement administrait les soins de sant\u00e9 pour les citoyens du Canada. C&rsquo;est tout simplement incroyable.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Beaucoup de gens ne sont pas sortis vivants des sanatoriums. On estime que des centaines de patients sont morts et que beaucoup ont \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9s dans des tombes anonymes dans des cimeti\u00e8res voisins. Dans les cas o\u00f9 les familles ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es des d\u00e9c\u00e8s, elles n&rsquo;ont re\u00e7u aucune information. Pas de cause du d\u00e9c\u00e8s, pas de lettre de condol\u00e9ances, pas de d\u00e9tails sur l&rsquo;endroit o\u00f9 leur proche a \u00e9t\u00e9 enterr\u00e9. Dans d&rsquo;autres cas, les familles n&rsquo;ont m\u00eame pas \u00e9t\u00e9 inform\u00e9es du d\u00e9c\u00e8s. Certains Inuits ont pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 se demander si l&rsquo;\u00eatre cher qu&rsquo;ils avaient perdu \u00e9tait mort ou vivant. Et de nombreuses familles sont toujours \u00e0 la recherche de leurs tombes.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Vous savez, j&rsquo;ai entendu des histoires bouleversantes de jeunes Inuits qui ont eu un moment pour dire au revoir \u00e0 leur grand-parent et qui ne l&rsquo;ont jamais revu. Il est tout simplement inconcevable, dans le monde d&rsquo;aujourd&rsquo;hui, de penser qu&rsquo;une communaut\u00e9 puisse \u00eatre divis\u00e9e \u00e0 ce point sans tenir compte des droits de l&rsquo;homme des membres de cette communaut\u00e9, mais aussi de la dynamique sociale. Les familles inuites de nombreuses r\u00e9gions de l&rsquo;Inuit Nunangat en ont souffert jusqu&rsquo;\u00e0 aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> En fin de compte, ces pratiques impos\u00e9es par le gouvernement n&rsquo;ont pas permis d&rsquo;\u00e9liminer la tuberculose. Les taux ont baiss\u00e9 dans les ann\u00e9es 70, mais ont recommenc\u00e9 \u00e0 augmenter quelques d\u00e9cennies plus tard.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Au final, le surpeuplement des foyers et le manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour la fourniture de services de sant\u00e9 aux communaut\u00e9s inuites ont conduit \u00e0 une r\u00e9apparition de la tuberculose dans les ann\u00e9es 1980 et 1990. Une situation contre laquelle nous luttons encore aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Vous avez une histoire de perturbations et de pr\u00e9judices pour les communaut\u00e9s, de familles d\u00e9chir\u00e9es \u00e0 cause de la fa\u00e7on dont le gouvernement a abord\u00e9 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de tuberculose \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque. Qu&rsquo;est-ce que cela repr\u00e9sente pour une famille qui pr\u00e9sente des sympt\u00f4mes de tuberculose d&rsquo;\u00eatre confront\u00e9e \u00e0 un syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 qui a accumul\u00e9 tous ces traumatismes ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed <\/strong>C&rsquo;est&#8230; C&rsquo;est tr\u00e8s compliqu\u00e9. La tuberculose est encore tr\u00e8s stigmatis\u00e9e et nous essayons d&rsquo;y rem\u00e9dier. \u00c9videmment, personne ne veut de la tuberculose. Mais en m\u00eame temps, lorsqu&rsquo;il y a une tuberculose active dans une communaut\u00e9, un individu peut avoir un impact \u00e9norme sur la propagation de la tuberculose \u00e0 ses proches et aux membres de sa famille. En tant que personne impliqu\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose et dans la promotion des m\u00e9thodes de traitement de la tuberculose et de leur adoption par les communaut\u00e9s, il est parfois difficile de revenir vers des personnes qui ont un h\u00e9ritage si difficile avec cette maladie particuli\u00e8re et de leur demander de faire \u00e0 nouveau confiance. Mais quoi qu&rsquo;il en soit, toute personne qui dispense des soins doit s&rsquo;appuyer sur ce type de r\u00e9f\u00e9rences historiques pour faire preuve de l&#8217;empathie n\u00e9cessaire \u00e0 l&rsquo;identification et \u00e0 l&rsquo;\u00e9radication de la tuberculose active et latente au sein de nos communaut\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Peut-\u00eatre pourriez-vous aider les gens \u00e0 comprendre ce qui arrive litt\u00e9ralement \u00e0 un patient dans l&rsquo;une des 51 communaut\u00e9s lorsqu&rsquo;il est diagnostiqu\u00e9, qu&rsquo;il est assez courageux pour dire qu&rsquo;il a la tuberculose. Je sais que dans le Sud, lorsque nous parlons de tuberculose, nous consid\u00e9rons souvent qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une maladie tr\u00e8s facile \u00e0 traiter. Mais il est \u00e9vident qu&rsquo;avec l&rsquo;infrastructure existante et les autres obstacles dont vous avez parl\u00e9, l&rsquo;exp\u00e9rience doit \u00eatre tr\u00e8s, tr\u00e8s diff\u00e9rente pour quelqu&rsquo;un qui vit dans le Nord.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> La premi\u00e8re \u00e9tape est le d\u00e9pistage de la tuberculose. L&rsquo;Inuit Nunangat ne dispose pas d&rsquo;une grande capacit\u00e9 de d\u00e9pistage, c&rsquo;est pourquoi nous nous appuyons souvent sur des partenariats avec des laboratoires du Sud. Pour pr\u00e9lever un \u00e9chantillon et en conna\u00eetre le r\u00e9sultat, il faut souvent compter 7 \u00e0 10 jours entre le moment o\u00f9 l&rsquo;on pr\u00e9l\u00e8ve l&rsquo;\u00e9chantillon et celui o\u00f9 l&rsquo;on re\u00e7oit le r\u00e9sultat. C&rsquo;est un d\u00e9lai tr\u00e8s long lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit de la premi\u00e8re vague d&rsquo;intervention pour la tuberculose active. Mais supposons qu&rsquo;une personne pr\u00e9sente une tuberculose active. Souvent, la premi\u00e8re chose qu&rsquo;elle doit faire est de se faire \u00e9vacuer de sa communaut\u00e9 par un m\u00e9decin. Il faut alors se rendre dans un centre r\u00e9gional. Il faut parfois parcourir un millier de kilom\u00e8tres en avion pour obtenir des soins r\u00e9gionaux. Et s&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas particuli\u00e8rement grave, il faut parfois \u00eatre \u00e9vacu\u00e9 \u00e0 Ottawa, \u00e0 Winnipeg, \u00e0 Yellowknife ou \u00e0 Edmonton. Aujourd&rsquo;hui encore, si quelqu&rsquo;un souffre d&rsquo;un cas grave de tuberculose, il devra tr\u00e8s probablement se rendre dans le Sud pour recevoir un traitement.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Pour quelqu&rsquo;un qui vient de Pond Inlet, par exemple, un vol vers Ottawa repr\u00e9sente \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame distance qu&rsquo;un vol de Winnipeg \u00e0 Los Angeles.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Les professionnels de la sant\u00e9 savent g\u00e9n\u00e9ralement qu&rsquo;ils ont affaire \u00e0 un patient du Nord, mais, dans une large mesure, un patient ne re\u00e7oit pas de services dans sa langue maternelle, n&rsquo;a pas d&rsquo;autres personnes de sa communaut\u00e9 sur lesquelles il peut s&rsquo;appuyer pour traverser ces moments vraiment difficiles et doit ensuite surmonter toutes ces diff\u00e9rences linguistiques et soci\u00e9tales pour recevoir des soins. Nous avons ces \u00e9chos d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9, mais aussi de v\u00e9ritables d\u00e9fis \u00e0 relever dans de nombreux cas. L&rsquo;infrastructure de nos communaut\u00e9s et l&rsquo;affirmation de notre autod\u00e9termination \u00e0 cause de tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 pendant cette p\u00e9riode. Il est tout simplement stup\u00e9fiant que cela se soit produit au Canada. Et c&rsquo;est, vous savez, l&rsquo;une des principales raisons pour lesquelles le gouvernement canadien et le premier ministre lui-m\u00eame se sont excus\u00e9s du traitement r\u00e9serv\u00e9 aux Inuits \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque de la tuberculose.<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore] <strong>Justin Trudeau<\/strong> Nous devons conna\u00eetre notre histoire. Nous devons faire face aux dures v\u00e9rit\u00e9s qui font partie de notre pass\u00e9. Parce que, pendant trop longtemps, la relation du gouvernement avec les Inuits a \u00e9t\u00e9 caract\u00e9ris\u00e9e par deux poids, deux mesures et un traitement injuste et in\u00e9gal&#8230; [fondu encha\u00een\u00e9]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine <\/strong>En mars 2019, le Premier ministre canadien Justin Trudeau a pr\u00e9sent\u00e9 des excuses pour la mauvaise gestion de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie de tuberculose par le gouvernement.<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore] <strong>Justin Trudeau<\/strong> Ce fut un chapitre honteux de l&rsquo;histoire du Canada. La culture et la langue se sont \u00e9rod\u00e9es. Les familles ne seront plus jamais unies. Des vies ont \u00e9t\u00e9 bris\u00e9es au-del\u00e0 de toute r\u00e9paration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral s&rsquo;est engag\u00e9 \u00e0 verser des fonds pour faire face \u00e0 la crise de la tuberculose aujourd&rsquo;hui. Et un engagement commun a \u00e9t\u00e9 pris avec l&rsquo;ITK pour \u00e9liminer la tuberculose. Une crise qui dure depuis les ann\u00e9es 1940.<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore]<strong> Justin Trudeau<\/strong> L&rsquo;ann\u00e9e derni\u00e8re, le gouvernement du Canada et l&rsquo;Inuit Tapiriit Kanatami se sont engag\u00e9s \u00e0 \u00e9liminer la tuberculose dans tout l&rsquo;Inuit Nunangat d&rsquo;ici 2030 et \u00e0 r\u00e9duire la tuberculose active d&rsquo;au moins 50 % au cours des six prochaines ann\u00e9es&#8230; [fondu encha\u00een\u00e9]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Mais plus de quatre ans plus tard, les Inuits de tout l&rsquo;Inuit Nunangat continuent d&rsquo;\u00eatre confront\u00e9s \u00e0 des conditions de vie surpeupl\u00e9es, \u00e0 des taux de pauvret\u00e9 \u00e9lev\u00e9s et \u00e0 un manque d&rsquo;acc\u00e8s aux soins m\u00e9dicaux. Les \u00e9pid\u00e9mies de tuberculose sont toujours actives. Puis COVID est arriv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Heureusement, les Inuits n&rsquo;ont pas connu, vous savez, de crises au point que des dizaines et des dizaines de personnes sont mortes. Il y a eu des d\u00e9c\u00e8s dus au COVID, mais ils ont \u00e9t\u00e9 limit\u00e9s par rapport \u00e0 la menace de cons\u00e9quences graves. Ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 avec notre travail d&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose, c&rsquo;est qu&rsquo;il a \u00e9t\u00e9 pratiquement mis en veilleuse. Les centres de sant\u00e9 n&rsquo;\u00e9taient pas vraiment ouverts. Les gens n&rsquo;allaient pas r\u00e9guli\u00e8rement se faire d\u00e9pister pour la tuberculose \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque du COVID. Et presque toutes les ressources de toutes les juridictions, pour de bonnes raisons, ont \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9es au COVID et aux consid\u00e9rations relatives au COVID. Mais \u00e0 cette \u00e9poque, les chiffres de la tuberculose ont chut\u00e9, comme le montrent les donn\u00e9es de nos communaut\u00e9s. Dans certains milieux, on a cru qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;un progr\u00e8s dans nos tentatives d&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose. En r\u00e9alit\u00e9, il s&rsquo;agissait d&rsquo;une lacune dans la surveillance et dans les services. C&rsquo;est ainsi qu&rsquo;en 2023, nous avons connu un certain nombre d&rsquo;\u00e9pid\u00e9mies dans les communaut\u00e9s. Et les progr\u00e8s que nous aurions pu penser avoir accomplis dans l&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose pendant la campagne COVID ne se refl\u00e8tent pas dans les chiffres de cette ann\u00e9e. Je trouve fascinant que des milliards et des milliards de dollars aient \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9s au COVID et \u00e0 son \u00e9limination. Or, nous sommes en train de travailler \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose et le mieux que nous puissions faire dans le budget 2023 pour les Inuits, c&rsquo;est 21 millions sur trois ans pour 51 communaut\u00e9s et un taux 300 fois sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne nationale pour la tuberculose.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> L&rsquo;investissement est en fait inf\u00e9rieur \u00e0 cela, selon l&rsquo;annonce du gouvernement. 16,2 millions de dollars sur trois ans.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Difficile \u00e0 avaler.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Et si l&rsquo;on consid\u00e8re le montant des ressources n\u00e9cessaires pour lutter efficacement contre ce fl\u00e9au. Qu&rsquo;en est-il de l&rsquo;effort ? De quoi auriez-vous besoin pour progresser ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> Tout d&rsquo;abord, 121 millions sur sept ans pour des efforts coordonn\u00e9s d&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de campagnes de sant\u00e9 publique, de d\u00e9pistage \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la communaut\u00e9, d&rsquo;investissements dans la recherche pour am\u00e9liorer les m\u00e9thodes de d\u00e9pistage de la tuberculose ou pour cr\u00e9er des traitements. Il s&rsquo;agit l\u00e0 d&rsquo;une pi\u00e8ce essentielle du puzzle. Nous avons \u00e9galement mis en place un programme de restauration scolaire pour que tous les Inuits qui sont dans le syst\u00e8me \u00e9ducatif aient des repas sains tous les jours. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une demande sur dix ans et nous avons obtenu 0 $ pour cela dans le budget 2023. Nous savons \u00e9galement qu&rsquo;il est essentiel d&rsquo;investir dans le logement, car il s&rsquo;agit d&rsquo;une maladie li\u00e9e \u00e0 la pauvret\u00e9. Et si l&rsquo;on associe la nutrition, le logement, le traitement actif de la tuberculose et la recherche qui permet de le faire le mieux possible, et que l&rsquo;on fournit ensuite des services de sant\u00e9, c&rsquo;est cette \u00e9quation qui va sans aucun doute faire baisser les taux de tuberculose dans nos communaut\u00e9s. Nous souhaitons toujours que le gouvernement nous accompagne dans la r\u00e9alisation des objectifs d&rsquo;\u00e9limination d&rsquo;ici 2030. Il est encore temps pour le gouvernement d&rsquo;agir et de faire plus. En fin de compte, il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise de sant\u00e9 publique \u00e9vitable. Nous savons comment traiter la tuberculose. La recherche, l&rsquo;exp\u00e9rience v\u00e9cue dans d&rsquo;autres juridictions et les r\u00e9sultats montrent que c&rsquo;est possible. La raison pour laquelle cela n&rsquo;est pas appliqu\u00e9 dans l&rsquo;Arctique canadien pour les Inuits reste un point d&rsquo;interrogation. Est-ce du racisme ? Est-ce de l&rsquo;indiff\u00e9rence ? Quand est-ce qu&rsquo;une crise pour les Inuits est une crise pour le Canada ? Combien de fois faudrait-il multiplier le taux de tuberculose pour que le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral fournisse sans \u00e9quivoque les ressources n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination de cette maladie ? Faudrait-il que le taux soit 600 fois plus \u00e9lev\u00e9 ? Mille fois ? Ou faudrait-il qu&rsquo;il y ait un moment politique o\u00f9, et c&rsquo;est tr\u00e8s grossier de le dire ainsi, mais, qui doit mourir dans quel sc\u00e9nario pour que le gouvernement agisse ? En fin de compte, nous constatons, comme dans le cas de Joyce Echaquan et du racisme dans le syst\u00e8me de sant\u00e9, que les Canadiens et les politiciens agissent parfois parce qu&rsquo;il y a une mort tragique de quelqu&rsquo;un qui n&rsquo;aurait pas d\u00fb mourir apr\u00e8s des d\u00e9cennies de plaidoyer et de lobbying par des gens sur le m\u00eame probl\u00e8me qui, tout \u00e0 coup, motive les politiciens \u00e0 faire quelque chose \u00e0 ce sujet. En ce qui concerne la tuberculose, nous avons d\u00e9j\u00e0 v\u00e9cu ces sc\u00e9narios. Des jeunes gens meurent de la tuberculose dans nos communaut\u00e9s. Il y a eu des d\u00e9c\u00e8s tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9s. Il est toujours tr\u00e8s difficile pour moi, en tant que leader, d&rsquo;essayer de comprendre ce que je fais de travers dans la fa\u00e7on dont je pr\u00e9sente les choses, dans la fa\u00e7on dont je fais pression sur le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, parce qu&rsquo;en fin de compte nous n&rsquo;avons pas re\u00e7u le soutien dont nous avons besoin pour faire le travail n\u00e9cessaire pour que nos communaut\u00e9s ne connaissent pas cette \u00e9pid\u00e9mie.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Si vous vous projetez dans 20 ans, quelle sera, selon vous, l&rsquo;\u00e9volution de la tuberculose dans le Nord canadien ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Natan Obed<\/strong> D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, nous avons le meilleur sc\u00e9nario possible, c&rsquo;est-\u00e0-dire que nous travaillons \u00e0 la r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 dans nos communaut\u00e9s. Nous travaillons sur la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire. Pour que les enfants aient suffisamment \u00e0 manger, pour que les membres de la communaut\u00e9 aient suffisamment \u00e0 manger. Nous investissons \u00e9galement dans la r\u00e9solution de la crise du logement afin de r\u00e9duire notre taux de surpeuplement de 55 % \u00e0 la moyenne canadienne, qui est d&rsquo;environ 9 %. Pour ce faire, nous ne nous contentons pas de mettre en place des logements sociaux, mais nous cr\u00e9ons des opportunit\u00e9s pour que les membres de la communaut\u00e9 puissent \u00eatre propri\u00e9taires de leur logement et vivre dans le type de logement qui leur convient le mieux \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape de leur vie o\u00f9 ils se trouvent. Nous investissons \u00e9galement dans l&rsquo;\u00e9limination de la tuberculose. Il s&rsquo;agit d&rsquo;identifier la tuberculose active et latente dans nos communaut\u00e9s et de fournir un traitement \u00e0 ceux qui en sont atteints. Cela demande de l&rsquo;argent, du temps et des efforts. Mais si nous voulons l&rsquo;\u00e9liminer, c&rsquo;est une partie de la solution. L&rsquo;autre partie concerne le syst\u00e8me de sant\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, qui doit offrir une meilleure sant\u00e9 publique et une meilleure prestation de soins de sant\u00e9, ainsi qu&rsquo;une prestation de soins de sant\u00e9 plus sp\u00e9cifique aux Inuits, afin que les Inuits adh\u00e8rent au syst\u00e8me de sant\u00e9 et que nous ayons le sentiment qu&rsquo;il est le n\u00f4tre et que nous n&rsquo;entrons pas dans un autre espace \u00e9tranger qui a fait tant de mal \u00e0 notre famille imm\u00e9diate et \u00e0 nos proches, et qui nous a demand\u00e9 d&rsquo;entrer dans cet espace comme condition pour obtenir des soins. Voil\u00e0 pour ce sc\u00e9nario. L&rsquo;autre sc\u00e9nario est celui du statu quo des investissements des gouvernements, qui maintiennent nos taux de surpopulation \u00e0 55 %, nos taux d&rsquo;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire \u00e0 environ 70 %, notre revenu m\u00e9dian \u00e0 environ 23 000 ou 24 000 et qui continuent \u00e0 investir de fa\u00e7on marginale dans la lutte contre la tuberculose. Et nous verrons probablement 300 \u00e0 500 fois la moyenne nationale pour la tuberculose devenir le statu quo dans les 20 prochaines ann\u00e9es. La voie \u00e0 suivre d\u00e9pend vraiment de tous ceux qui sont charg\u00e9s de s&rsquo;occuper des citoyens de ces juridictions. C&rsquo;est \u00e0 moi, en tant que pr\u00e9sident de l&rsquo;ITK, ainsi qu&rsquo;aux responsables des revendications territoriales, qu&rsquo;il incombe d&rsquo;agir. Le gouvernement du Canada a certainement la responsabilit\u00e9 de veiller \u00e0 ce que nous empruntions cette premi\u00e8re voie et \u00e0 ce que nous c\u00e9l\u00e9brions tous ensemble nos succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Une partie de ce succ\u00e8s implique de r\u00e9concilier le pass\u00e9. Il ne suffit pas de traiter la tuberculose avec des m\u00e9dicaments. En 2019, la m\u00eame ann\u00e9e que les excuses du gouvernement, l&rsquo;Initiative Nanilavut a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e avec le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral, l&rsquo;ITK et quatre organisations inuites r\u00e9gionales. En inuktitut, Nanilavut signifie \u00ab\u00a0retrouvons-les\u00a0\u00bb. Le projet aide les familles \u00e0 retrouver les \u00eatres chers disparus qui ne sont jamais rentr\u00e9s chez eux apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s dans des sanatoriums du Sud. Nous devons nous souvenir, comprendre et partager les souvenirs et les histoires. Nous devons ramener la pr\u00e9sence de ceux qui sont partis et les garder en vie. Afin d&rsquo;\u00e9liminer v\u00e9ritablement la tuberculose et d&rsquo;instaurer la confiance au sein du syst\u00e8me de soins de sant\u00e9, il faut gu\u00e9rir et tourner la page. Voici \u00e0 nouveau Louasee Kuniliusee, le survivant de la tuberculose qui faisait partie d&rsquo;un groupe d&rsquo;anciens inuits revenus au sanatorium de Hamilton l&rsquo;\u00e9t\u00e9 dernier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> En tant que v\u00e9ritable Inuk, je suis n\u00e9. Je suis n\u00e9 dans un igloo.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur <\/strong>Dans un igloo. Cette possibilit\u00e9 n&rsquo;existait que parce qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, nous n&rsquo;avions pas de logement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Il se souvient \u00e0 quel point Hamilton lui \u00e9tait \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee <\/strong>[parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Lorsque nous sommes arriv\u00e9s ici, nous n&rsquo;avions aucune connaissance des traditions occidentales.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur <\/strong>Je suis tr\u00e8s reconnaissant pour toute l&rsquo;aide qui nous a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Louassee est rentr\u00e9 chez lui, mais il a \u00e9t\u00e9 chang\u00e9, \u00e0 la fois int\u00e9rieurement et ext\u00e9rieurement.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur <\/strong>Je suis ici aujourd&rsquo;hui, mais la moiti\u00e9 de mon poumon a disparu.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur <\/strong>Mon c\u00f4t\u00e9 gauche n&rsquo;a plus de poumon, mais j&rsquo;ai un poumon du c\u00f4t\u00e9 droit.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee <\/strong>[parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Lorsque nous sommes arriv\u00e9s ici, je suis tomb\u00e9 tr\u00e8s malade et ils ont d\u00fb m&rsquo;enlever le poumon gauche.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 op\u00e9r\u00e9 \u00e0 Ottawa et je suis mort \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Le m\u00e9decin que j&rsquo;avais est venu et il m&rsquo;a dit que j&rsquo;\u00e9tais mort.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Il m&rsquo;a serr\u00e9 dans ses bras et s&rsquo;est mis \u00e0 pleurer.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee <\/strong>[parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur <\/strong>Le m\u00e9decin m&rsquo;a dit que c&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 un miracle que je suis ici aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine <\/strong>Bien que le sanatorium lui-m\u00eame ait disparu depuis longtemps, les souvenirs et la douleur demeurent. Cette visite est un pas de plus dans le long voyage qui nous attend vers la gu\u00e9rison, le r\u00e9tablissement et la fin de l&rsquo;histoire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>A\u00een\u00e9 Louasee Kuniliusee<\/strong> [parlant inuktitut]<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Traducteur<\/strong> Aujourd&rsquo;hui, je suis \u00e0 Hamilton parce que nos dieux m&rsquo;ont sauv\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> L&rsquo;\u00e9thique m\u00e9dicale est cens\u00e9e \u00eatre ancr\u00e9e dans la volont\u00e9 de faire le bien et d&rsquo;\u00e9viter le mal. Et si tous les professionnels de la sant\u00e9, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de leur carri\u00e8re, causent des souffrances involontaires, il est de notre responsabilit\u00e9 de d\u00e9couvrir la souffrance involontaire, m\u00eame si elle est bien cach\u00e9e. Les bonnes intentions n&rsquo;excusent pas les violations de l&rsquo;\u00e9thique m\u00e9dicale. Une citation tir\u00e9e des excuses pr\u00e9sent\u00e9es par le gouvernement canadien en 2019 le dit encore plus clairement,<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore]<strong> Justin Trudeau<\/strong> Cette politique n&rsquo;\u00e9tait pas un accident. Elle \u00e9tait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e. Elle a \u00e9t\u00e9 mise en \u0153uvre m\u00eame si le gouvernement du Canada connaissait les cons\u00e9quences pour les familles inuites.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Cela continue&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>[clip sonore]<strong> Justin Trudeau<\/strong> Aux personnes qui ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9es dans le Sud. Nous sommes d\u00e9sol\u00e9s.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Dr Alika Lafontaine<\/strong> Si les excuses peuvent \u00eatre le signe d&rsquo;un nouveau d\u00e9part, quatre ans plus tard, la crise de la tuberculose dans le Nord canadien se poursuit. La r\u00e9conciliation est un mot d&rsquo;action et les Inuits attendent toujours.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The Inuit Battle Against TB Description Au milieu du XXe si\u00e8cle, les Inuits atteints de tuberculose \u00e9taient arrach\u00e9s \u00e0 leur communaut\u00e9 et envoy\u00e9s dans des sanatoriums du sud du Canada. Beaucoup d&rsquo;entre eux ne sont jamais revenus et leurs familles n&rsquo;ont jamais su ce qui leur \u00e9tait arriv\u00e9. 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