- Déclarations
Vérité et réconciliation – dix ans plus tard
Crédit photo : Erika Jensen-Mann et Julie Kapuscinski, Festival de Canmore 2025
Dix ans se sont écoulés depuis que la Commission de vérité et réconciliation du Canada a lancé ses 94 appels à l’action, une décennie durant laquelle les survivants, les communautés autochtones et nombre de leurs alliés ont espéré un réel changement. Cette date anniversaire est une étape importante, mais elle nous donne surtout l’occasion de reconnaître que même si des progrès ont été réalisés, il reste encore beaucoup à faire.
En juillet 2024, répondant à l’appel 53, le Canada a créé le Conseil national de réconciliation, un organisme indépendant, dirigé par des Autochtones, ayant pour but de faire progresser la réconciliation entre les Autochtones et les non-Autochtones. La décision de la Cour suprême confirmant la législation fédérale sur la protection de l’enfance a confirmé la compétence autochtone en matière de services à l’enfance et à la famille, ce qui contribue à accélérer la mise en œuvre des appels à l’action.
Une avancée notable a été effectuée cette année avec la toute première Stratégie canadienne en matière de justice autochtone. Cette Stratégie dépasse la simple politique. Elle représente des milliers de voix, dont celles des Premières Nations, des Inuits et des Métis; des aînés, des jeunes et des personnes en situation de handicap; des membres de la communauté 2SLGBTQI+ et de tous ceux qui appellent à la guérison, à la justice et à des lois enracinées dans la culture et le respect. Elle est ancrée dans des modes autochtones d’acquisition du savoir, des approches conscientes du traumatisme et une conviction ferme que la justice inclut la guérison.
Ce sont des progrès importants. Pourtant, même si nous reconnaissons qu’il y a eu progrès, nous ressentons toujours l’urgence d’agir, car tout reste à faire dans ce domaine.
Derrière chaque appel à l’action auquel nous tardons à répondre, il n’y a pas que des lois qui n’ont pas été adoptées, il y a des communautés en attente, des enfants sans soutien culturel sécuritaire, des élèves dans des écoles sous-financées et des familles en quête de justice. En ce jour de commémoration, les survivants nous rappellent que la réconciliation n’est pas un objectif abstrait, mais une promesse faite aux enfants, aux familles et aux générations à venir. Tout en réfléchissant à nos réalisations, il nous faut renouveler notre engagement envers le travail inachevé et envers ceux qui ont attendu si longtemps, afin de bâtir un avenir où la réconciliation se vivra avec vérité et honnêteté.
En appui à l’Appel à l’action 53, qui s’est réalisé grâce à la Stratégie canadienne en matière de justice autochtone et à la création du Conseil national de réconciliation, la FCRR a organisé le troisième volet de sa série de rencontres nationales Trouver un terrain d’entente intitulée Soutenir les services de police dirigés par les Premières Nations. L’événement a réuni des dirigeants et des experts politiques des Premières Nations afin de discuter de stratégies, de ressources et d’investissements destinés aux services de police dirigés par les Premières Nations et de l’accès à la justice pour les Autochtones.
Nous espérons soutenir plusieurs autres événements axés sur la réconciliation, notamment Reconciliation through art, un événement de trois jours qui se consacre à l’art, aux contes et aux performances d’artistes locaux et autochtones, ainsi que l’événement d’inauguration officielle de l’ancien pensionnat indien Mohawk Institute Residential School en tant que site historique interprété du Woodland Cultural Centre, le dévoilement, en tant que site historique interprétatif, de la première école résidentielle du Canada.
Dans le cadre de la prochaine rencontre de notre série Trouver un terrain d’entente, en novembre prochain,la FCRR organisera un débat national dans lequel nous discuterons des obstacles systémiques qui empêchent les communautés des Premières Nations d’avoir un accès adéquat à l’aide d’urgence, à l’aide à l’évacuation et à l’accès aux abris lors de feux de forêt.
La réconciliation est un long chemin où de réels progrès mesurables sont urgents et non négociables. En cette Journée nationale de la vérité et de la réconciliation, nous renouvelons notre engagement à agir rapidement pour obtenir des résultats concrets tout en avançant aux côtés des survivants et des communautés, en toute humilité et avec détermination et bienveillance.