- Déclarations
Journée internationale des droits de la personne : Combler le fossé entre la promesse et la réalité
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. »
— Déclaration universelle des droits de la personne, article 1, 10 décembre 1948.
Le 10 décembre 1948, le Canada a voté en faveur de la Déclaration universelle des droits de la personne. En votant en faveur de la déclaration, il acceptait de défendre et de vivre selon les 30 articles d’un document international consacrant les droits et libertés de tous les êtres humains dans le monde.
Depuis lors, nous commémorons et célébrons collectivement une journée au cours de laquelle nous avons accepté la promesse de liberté et de dignité pour tous. Toutefois, nous devrions également profiter de cette occasion pour reconnaître et combler le fossé qui ne cesse de se creuser entre cette promesse et la réalité des personnes racialisées et autochtones dans ce pays. C’est le moment de s’auto-évaluer et de faire le point sur le chemin parcouru et sur celui qu’il nous reste à parcourir en tant que nation.
Nous avons appris qu’une enseignante suppléante de troisième année à Chelsea, au Québec, a été brusquement retirée de sa classe la semaine dernière. Elle a été retirée de sa classe parce qu’elle portait un hijab, violant ainsi la loi C-21. Cette loi interdit aux fonctionnaires de porter des symboles religieux sur leur lieu de travail. Toute loi qui ne sert qu’à diviser les citoyens et à cibler des personnes en raison de leur race ou de leur religion va à l’encontre de cette promesse universelle que nous avons approuvée il y a toutes ces années. Cet incident nous rappelle à quel point il est important de faire respecter les droits de l’homme et les libertés civiles, en particulier chez les personnes historiquement opprimées.
La Journée des droits de la personne doit aller au-delà des grandes déclarations et des hashtags tous les 12 mois – nous devons en faire un appel à l’action quotidien. Ce doit être un appel à l’action pour la famille Afzaal de London, en Ontario, et pour tous les hommes, femmes et enfants musulmans violemment attaqués pour leur race et leur religion. Pour les fidèles de la synagogue Shaar Hashomayim de Montréal et les nombreux autres Canadiens juifs qui vivent dans la crainte d’agressions antisémites. Pour les centaines de femmes et de filles autochtones disparues et assassinées dont les cas ne sont toujours pas résolus. Pour les Canadiens noirs qui continuent de se battre pour une réforme de la justice pénale. Pour les Canadiens d’origine asiatique qui ont subi l’une des pires discriminations raciales depuis la Seconde Guerre mondiale en raison de la pandémie de COVID-19.
À l’horizon 2021 et au-delà, la FCRR continuera de travailler avec ses partenaires pour atteindre l’objectif d’une société exempte de discrimination raciale ou religieuse, afin de combler entièrement l’écart entre ce que nous promettons et ce que nous pratiquons. Réaffirmons tous notre engagement envers un Canada où les droits de la personne et la justice raciale favorisent l’unité et l’harmonie pour tous.